PAR PASCAL VALLET ET FABIENNE DACHET
LA RELATION TEXTE/IMAGE MESSAGE VERBAL ET MESSAGE ICONIQUE.
Légende, titre, slogan :
Le texte entretient avec l’image une relation complexe. Souvent l’image a un statut d’illustration du texte, par exemple littéraire, journalistique, didactique. le document, le dessin, photo, donnent à voir ce que “ dit ” le texte. Redondante ou complémentaire, l’image reste seconde au service du texte.
Longtemps l’image n’a été admise dans la civilisation chrétienne que pour sa fonction pédagogique, instruisant l’analphabète du contenu des textes sacrés, de la vie des saints, des techniques de la vie domestique... Dans le monde moderne, l’image a conquis son autonomie, mais reste dans un rapport de dépendance avec le message linguistique.
Rôle de la légende, du titre, du slogan : réduire la polysémie de l’image, renseigner sur le genre (ex titre d’un tableau : nature morte ? portrait ? composition ?) Ils fixent un sens, empêchant l’interprétation subjective (projection). Ils ont une fonction “ d’ancrage ” (Barthes). La légende de la photo de presse arbitre le sens du message politique, social; la langue est en position de force par rapport à l’image.
Le message verbal peut aussi compléter l’image, lui apporter ce qu’elle ne dit pas (bruits extérieurs, voix, éléments de narration absents de l’image.... Il a alors fonction de relais. (cf photo roman. BD..)
Quand le texte est décalé par rapport à l’image il lui confère une fonction poétique et incite le lecteur à un travail d’imagination.
Mais la réduction de la polysémie peut aussi être provoquée par le montage d’images fixes en séquences ou l’association avec d’autres images qui peuvent orienter le sens de la lecture, en mettant en jeu des associations d’idées ou des figures de rhétorique.
Les bulles : “ La rencontre la plus féconde entre iconique et verbal se fait sans doute dans la bande dessinée. le message verbal s’iconise, le dessin rend virtuellement dynamique la valeur<sémantique de la langue. Ainsi, la forme des lettres, la typographie, l’écriture manuscrite, la calligraphie... et la forme de l’espace dans lequel s’inscrit le message verbal et sonore : vignette, “ bulle ”, ont une valeur expressive. transgressant les justifications conventionnelles, l’échelle, la couleur, la ligne, la masse du message verbal participe au message iconique en s’en appropriant les signes : ponctuation codée (étoiles, chandelles, têtes de mort, spirales, formes géométriques, symboliques...), formes des bulles (intertitres de style, nuages, constellations de formes mimétiques ou symboliques), expressivité du trait, analogies perceptives... ”
Schéma de la communication linguistique selon Jakobson
Destinataire <-> Référent Message Canal Code <->Destinateur
- Le destinateur est l’émetteur du message vers le destinataire, son récepteur.
- Le message est la production de signes organisés en énoncé, le canal est le support matériel par lequel est transmis le message (téléphone, papier à lettre, pellicule...)
- Le code est le système de signes conventionnels utilisé dans le message. la communication suppose la possibilité d’un retour (feedback) entre le destinataire et le destinateur.
Les fonctions de la communication linguistiques sont les suivantes :
- Fonction expressive : elle traduit les idées, les sentiments de l’émetteur (ordre des mots, ton, registre...)
- Fonction impressive : elle motive, interpelle, sollicite le destinataire.
- Fonction référentielle : elle énonce, rapporte, décrit une situation, un fait réel ou imaginaire.
- Fonction phatique : elle assure le contact, immédiat ou différé.
- Fonction poétique : elle donne une dimension esthétique ou ludique à l’organisation du message (poème, slogan, mot d’ordre...)
- Fonction métalinguistique : elle permet au langage de parler de lui même (dictionnaire, grammaire, commentaire sur le discours...)
