L'IMAGE COMME SUPPORT ET POINT DE DÉPART DANS L'ACTIVITÉ DE PRODUCTION D'ÉCRIT

IMAGE ET LANGUE - POLYSEMIE

Notes prises pendant une intervention de Didier Mendibil (professeur d’histoire et géographie à l’IUFM de Créteil (centre départemental de Melun), consacrée à la relation texte/image, et après lecture de l’ouvrage “ petite fabrique de l’image ”(Magnard).

Dans la langue, la lecture est linéaire, continue, tandis que dans l’image les signes visuels sont épars : “ le sens de l’image est le résultat d’un parcours qui articule entre eux les signes visuels discontinus : le lecteur en repère certains, les associe, il fait une sorte d’inventaire qui devient itinéraire de lecture. Il participe activement à la sélection et l’organisation du sens. ” L’image suscite souvent méfiance et mépris car elle est suspectée de nous manipuler ou de nous séduire (affiches électorales, affiches publicitaires)

POLYSÉMIQUE, L'IMAGE EST UN OUTIL DE COMMUNICAGTION :

L’image est le fruit d’une intention, celle du destinateur, qui en choisit le support, la (les) technique(s) et les matériaux, dans le but de communiquer des impressions, des idées des informations à un destinataire précis le plus souvent, mais qui touchera aussi des destinataires occasionnels.

Le message iconique est performant lorsque destinataire et destinateur ont en commun référent et code du message visuel.

Situations de communication : la réception de l’image dépend d’un certain nombre de facteurs

  • Le contexte dans lequel elle est émise et reçue :Moment, circonstances, conditions psychologiques, physiologiques, intellectuelles du lecteur. Son âge, son sexe, l’environnement (seul face à l’image, ou au sein d’un groupe), les facteurs économiques, sociaux, son histoire individuelle, ses connaissances, ses référents culturels.
  • Le contexte matériel : lieu d’où elle est tirée : manuel, journal, mur, panneau...... La relation avec d’autres images, la disposition, la place dans l’espace de la page. La même image, selon le lieu d’où elle est issue, offrira des conditions de lecture différentes. “ la relation d’association, d’opposition, de contamination de l’image avec son contexte est déterminant. ”
  • L’organisation formelle de l’image créera une situation de communication plus ou moins captivante. Importance des moyens techniques utilisés. Ex en publicité “ les yeux dans les yeux ” du personnage au spectateur, a une fonction prescriptive intense.
  • l’aspect matériel : le support plastique : Nature, du support, format, texture, toutes ces données visuelles et tactiles sont des signifiants matériels de signifiés sociaux et culturels. “ Il y a une histoire du support comme des techniques. Plus les connaissances du lecteur sont étendues, plus elles interviennent dans la lecture contextuelle de l’image. ”

DÉNOTATION ET CONNOTATION

Sens dénoté et sens connoté sont combinés dans l’acte de lecture.

le sens dénoté : “ je perçois, je reconnais : je nomme ” : Il est difficile de parvenir à dénoter en toute neutralité. La nomination engage déjà une lecture, c’est à dire une interprétation qui déborde le sens dénoté.

le sens connoté : “ je sens, j’imagine ” : renforcé par la polysémie de l’image : “ au sens dénoté, viennent se superposer, s’associer, des significations supplémentaires. Elles dépendent d’une part du lecteur, de sa mémoire, de sa culture, de sa pratique sociale, de son inconscient et de son imaginaire. elles dépendent aussi des données visuelles de l’image : de sa composition, ou organisation formelle ; et de la répartition des signes dans l’espace de représentation (objets, personnages, mise en scène...)

Du signe iconique au message :

Alors que dans la langue l’organisation des signes permet à la rhétorique et la stylistique d’analyser la place et la fonction de chaque signe dans tel énoncé, le message de l’image dépend de sa composition et de notre interprétation des sens connotés; nous pouvons reconnaître certains signes, certaines techniques d’expression empruntés aux figures latentes inscrites dans la langue, présentes et actives dans l’image.

  • Valeur métonymique : L’image cadre et donc, fractionne le monde. Si large soit l’angle ou l’amplitude d’espace représenté, l’image reste le fragment d’un espace plus grand. Nous postulons un tout dont la partie est extraite, notre imagination en reconstitue l’unité et la cohérence. Le fragment peut prendre valeur du tout, affectif, moral et intellectuel (ex gros plan sur les mains d’une paysanne). Mais la partie peut aussi avoir une valeur en elle même.
  • Valeur métaphorique : Dans la mesure où cette figure de style joue sur les rapports de comparaison et d’analogie, établit un transfert de sens entre concret et abstrait. La valeur symbolique des objets, des êtres se réfère également aux images contenues dans la langue. Métaphore, métonymie, comparaison, accumulation, litote, ironie, allégorie, personnification sont présentes dans la lecture de l’image, et particulièrement dans l’image publicitaire qui a pour fonction de tenir un discours, de convaincre le destinataire par la séduction, technique de persuasion qui a besoin de détours ludiques ou esthétiques.

Ne pas négliger non plus le rôle de l’inconscient et des mythes dans la lecture d’images.