PAR PASCAL VALLET ET FABIENNE DACHET
ENSEIGNER ET STRUCTURER L'ÉTUDE DE LA LANGUE AU CYCLE 3
Circulaire sur l'enseignement de la grammaire (n°2007-013 du 11 janvier 2007) : Celle-ci présente l'enseignement de la grammaire comme étant fondamental, spécifique, progressif et fondé sur une terminologie commune à l'école et au collège.
Circulaire sur l'acquisition du vocabulaire à l'école primaire (n°2007-063 du 16 mars 2007) : Celle-ci insiste sur la nécessité de l'acquisition d'un vocabulaire précis et varié grâce à un enseignement spécifique, méthodique et permanent.
I) Les nouveaux programmes d'enseignement de l'école primaire (B.O. N°5 hors série du 12 avril 2007)
Quelques changements :
- Les horaires : la littérature (3h30/4h), l'étude de la langue-grammaire (2h30/3h30), la maîtrise du langage et de la langue française (13h dans l'ensemble des champs disciplinaires)
- Les programmes sont maintenant déclinés en connaissances, capacités et attitudes pour une mise en conformité avec le socle commun de connaissances et de compétences. Vient ensuite la grille de référence issue du livret de connaissances et de compétences.
- Certaines capacités et/ou connaissances sont notées en italiques, il s'agit de celles dont la maîtrise n'est pas retenue pour le palier mais qui constituent des objectifs du programme et qui préparent le palier suivant (idée de la continuité des apprentissages).
De l'O.R.L. à l'étude de la langue (grammaire) :
- l'accent est mis sur les contenus du programme précisés et clarifiés, les connaissances sont centrales mais connectées à des capacités et à des attitudes ;
- une démarche, l'observation réfléchie de la langue est remplacée logiquement par un
- domaine d'étude : malgré tout cette démarche est réaffirmée, étayée très fortement par l'affirmation insistante de la nécessité de temps spécifiques et d'exercices de systématisation ;
Les objectifs fixés par les programmes visent :
- au cycle 2, à « faciliter l'écriture, la production d'écrits structurés et la compréhension des textes »
- au cycle 3, à « donner aux élèves une maîtrise plus assurée de la langue française qui contribue à faciliter l'écriture et la compréhension de textes complexes ».
II) L'enseignement et la structuration de l'étude de la langue au cycle 3.
La langue constitue un système que l'on peut organiser :
- Il s'agit d'examiner les écrits comme des objets que l'on peut décrire, ce qui nécessite de prendre du recul, de la distance et donc de posséder une bonne maîtrise de la langue orale.
- Pour décrire et analyser, il faudra prendre en compte l'environnement du mot et repérer une caractéristique de celui-ci. Pour analyser, il faudra mobiliser des savoirs afin de percevoir une logique, une organisation, un fonctionnement et mettre en liens les différents éléments.
- Il faudra accepter de quitter parfois le sens pour observer un fait langagier, mais ne pas s'en tenir seulement à l'observation !
- Ainsi les supports ou les accroches utilisés devront être variés (textes, corpus de phrases, représentations...) selon les faits de langue étudiés et travaillés. On prendra soin de s'occuper d'abord des récurrences et des régularités, les exceptions seront traitées par la suite.
Des séances aux objectifs précis :
- Les activités courtes : il s'agit de développer des automatismes grâce à des entraînements systématiques et quotidiens (copie, dictée, phrase du jour, exercices d'application,
- manipulations...)
- La voie longue : il s'agit de percevoir de nouvelles notions ou de les asseoir. Elle est réservée aux grandes notions et aux grands problèmes d'orthographe-grammaire. Cette démarche active doit s'articuler avec les activités précédentes (ateliers de négociation graphique, construction d'outils :
- répertoire, tableaux...)
- Les ateliers : ils peuvent être des moments de différenciation permettant un réinvestissement, une remédiation, une évolution des représentations...
Les nouveaux programmes ont simplifié les contenus en supprimant quelques points ou en stipulant qu'un certain nombre n'est plus retenu pour le palier du socle commun. Il est nécessaire d'en tenir compte en programmant les activités au sein du cycle et de chaque année de celui-ci et en mettant en conformité l'utilisation des manuels (de leur sommaire) avec les programmes.
Une démarche active pour l'apprentissage de la langue :
Cinq étapes constituent cette démarche active :
- Observer, grâce à des activités de tri et de classement notamment (selon qu'on se situe en découverte de notion ou en fin de cycle, les corpus évolueront avec des contre-exemples pour combattre les fausses représentations, puis exhaustifs, de plus en plus complexes.)
- Affiner l'observation dans le but de poser la notion (complexification).
- Construire la règle (définition, importance de la trace écrite : outils, affichages).
- S'entraîner grâce à des exercices d'application pour consolider la règle et appliquer les procédures puis grâce à des exercices plus réflexifs qui permettent de manipuler et de relancer des questions.
- Réinvestir dans des activités courtes, dans toutes les disciplines, dans des tâches de lecture et d'écriture, dans toutes les productions écrites.
Une démarche active mobilise des opérations mentales variées, la plupart des manuels scolaires se cantonne à une seule de ces opérations : identifier. Il est indispensable de proposer aux élèves d'autres consignes telles que : classer (à l'intérieur d'une catégorie, proposer une organisation), trier (dans des catégories différentes), comparer, définir, modifier, mettre en relation, justifier. Pour cela, point n'est besoin de changer de manuel scolaire, il suffit simplement de remplacer la consigne donnée pour tel exercice par une consigne qui satisfasse davantage le travail indispensable pour une démarche active.
Mme Fabienne VERNET, « formatrice Lettre », IUFM de Grenoble site de Bonneville.
